Tanzanie : peine de mort pour les meurtriers d’un albinos

Le gouvernement veut mettre un terme aux sacrifices d’êtres humains
La justice a tranché. Les quatre Tanzaniens reconnus coupable du meurtre d’un albinos de 50 ans ont été condamnés, lundi, à la pendaison. Une décision juridique qui satisfait la plupart des Tanzaniens.


Mardi 3 novembre 2009, par Stéphanie Plasse


Quatre Tanzaniens ont été condamnés à la pendaison pour avoir assassiné et mutilé un albinos de 50 ans. Ce verdict, prononcé lundi par la Haute Cour de Tanzanie, porte à sept le nombre de personnes condamnées à mort pour le meurtre d’albinos dans le pays. Environ cinquante personnes auraient été tuées ces deux dernières années en Tanzanie. Selon certains observateurs, ces personnes vivraient dans la crainte perpétuelle, particulièrement dans les villages du nord-ouest, une région où les meurtres d’albinos sont fréquents.

Ces condamnations à mort font partie des nouvelles mesures prises sur le plan juridique et politique par le gouvernement tanzanien. Depuis l’année dernière, les autorités ont instauré un recensement des albinos et mis en place un service policier d’escorte des enfants atteints de cette anomalie lorsqu’ils se rendent à l’école. En outre, l’arrivée en avril 2007 de la députée albinos Al-Shymaa Kway-Geer au parlement tanzanien a contribué à faire évoluer les mentalités dans un pays où la plupart de la population ne considère pas l’albinisme comme une maladie. Selon Eric Nampesya, le correspondant de la BBC à Shynyanga, les Tanzaniens sont satisfait des efforts fournis pas le gouvernement. Ils espèrent que ces peines de mort limiteront dans l’avenir les meurtres d’albinos. Même si certains regrettent que les sorciers ne soient pas eux aussi jugés alors qu’ils concoctent des breuvages magiques à partir des membres d’albinos et les vendent pour une centaine de dollars.

L’attitude de la Tanzanie sert d’exemple au Burundi qui a entrepris de juger les assassins d’albinos. Ces deux pays sont les plus touchés par les sacrifices d’être humains.

Source : www.afrik.com